L’art Inuit
Malgré une apparente homogénéité chaque sculpture Inuit est identifiable à la caractéristique de la communauté de l’artiste qui l’a façonnée. Il y a autant de styles et de sujets de prédilection que de communautés différentes.
Le territoire inuit accueille 40 000 âmes sur plus de 2'500'000 km2 de terres gelées du grand nord canadien. A l’exception de Baker Lake, les villages Inuit émaillent la côte arctique du Nunavut (30'000 habitants sur 2'000'000 km2) et du Nunavik (10'000 habitants sur 500'000 km2) au nord du Québec.
L’isolement de ces peuples explique la diversité des œuvres créées et des styles appliqués, même si les sources d’inspiration principales restent d’une part les scènes de vie quotidienne et les animaux de l’arctique et d’autre part les représentations spirituelles liées au chamanisme. On retrouve selon les communautés tous les courants d’arts sculpturaux, du naturalisme à l’abstraction, du réalisme expressif au surréalisme. Chaque territoire a son mode d’expression.
La sculpture du Nunavik généralement d’un naturalisme narratif met en scène des animaux, des chasseurs, des histoires et des légendes. Elle est le plus souvent taillée dans une pierre grise qui est noircie et polie puis gravée.
Dans le Nunavut, il existe autant de styles que de communautés, ainsi dans la région sud de l’Ile de Baffin prédominent les représentations animales, une grande variété de pierres sont taillées dans des formes complexes. Dans la région centrale de l’arctique les représentations chamaniques sont omniprésentes.
La dureté et la couleur de la pierre du Keewatin permettent d’accentuer les expressions des visages, les scènes familiales étant le sujet d’inspiration essentiel. Moins connues, les œuvres du reste de l’Arctique canadien, du nord de l’île de Baffin, de l’Arctique de l’Ouest ou du Labrador, sont principalement des représentations naturalistes d’animaux ou de scènes de chasse.